lundi 15 juillet 2013

CATHEDRALE SAINT-ETIENNE DE MEAUX

Meaux

Cathédrale Saint-Etienne
Erigée au coeur de la cité médiévale de Meaux, l'impressionnante cathédrale Saint-Etienne est considérée depuis longtemps comme le plus bel édifice religieux de tout le pays Briard. Sa construction s'étend sur près de quatre siècles, de 1170 à 1560.
Le chantier de la cathédrale de Meaux débute à la fin du XIIe siècle, suivant la volonté des comtes de Champagne, par l'élévation du choeur de l'édifice et de ses différentes chapelles rayonnantes. Les travaux du transept débutent eux en 1215, année où commence également une première couverture du choeur. Mais dès 1253, le chantier de la cathédrale prend un important retard : les fondations initiales du choeur ne sont pas sufisamment stables et celui-ci commence à s'affaisser alors que les transepts sortent de terre. L'ensemble du chevet est alors reconstruit, de manière un peu moins ambitieuse, et surtout remis au goût architectural du jour. C'est l'architecte Gautier de Vainfroy, déjà contributeur de la cathédrale d'Evreux, qui signera cette nouvelle partie de l'édifice.
Les campagnes de construction se succèdent alors. En 1266 débute la mise en place des façades des transepts et en 1317 le roi de France Philippe VI autorise l'élévation de trois travées de nef. Deux des portails de la façade principale sont élevés dès 1336, mais les révoltes paysannes et la guerre de cent ans interrompent les travaux dès 1358. Meaux est occupé par les troupes anglaises de 1422 à 1439. Les derniers travaux ne furent donc pas entrepris avant le XVe siècle : la façade est terminée pendant une campagne de construction en 1506, la tour nord date est elle édifiée entre 1505 et 1540. La tour sud ne sera elle jamais édifiée, remplacée par une coffrage de bois destiné à protégé l'ensemble des cloches. Elle porte aujourd'hui encore le nom de Tour noire.

Parmi les éléments incontournables de la cathédrale, on retiendra surtout l'ensemble des tympans sculptés. Ceux de la façade occidentale sont dédiés à Saint-Jean-Baptiste (nord), à la Vierge (sud) ou représente le Jugement Dernier (centre). Les façades de transepts sont elles dédiées à la vie de Saint-Etienne, patron de la cathédrale. A l'intérieur du bâtiment, outre la légèreté et la hauteur des décors, on notera surtout le tombeau de Bossuet, évêque de Meaux de 1682 à 1704.


Le grand portail central de la façade occidentale est surmonté d'un élégant gable flamboyant. Plus haut se trouve la rosace, flamboyante elle aussi.




 


Le monument de Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), évêque de Meaux de 1681 à 1704, par Ernest Henri Dubois (1863-1930), placé dans la cathédrale de Meaux en 1911.



L'extérieur de la cathédrale

C'est la pierre de Varreddes, qui a été utilisée dans la construction de l'édifice. L'importante restauration extérieure faite au XIXe siècle est en grande partie liée à l'érosion de cette pierre, due aux outrages du temps.
La cathédrale, d'une hauteur totale de 48 mètres jusqu'au faîtage, est le produit de périodes successives de l'art gothique. La très longue durée de sa construction y a laissé une grande diversité de styles architecturaux. Mais ce mélange de styles n'a pas porté atteinte à l'esthétique générale du sanctuaire. Les architectes se succédant du XIIIe au XVIe siècle parvinrent à créer une grande harmonie d'ensemble.
La grande façade occidentale présente trois portails monumentaux. Comme dans bien d'autres cathédrales romanes ou gothiques, le portail central est consacré au Jugement dernier. Son tympan représente la résurrection des morts et l'image du Paradis et de l'Enfer. Le tympan du portail de gauche est consacré à la vie de saint Jean-Baptiste, celui de droite à la vie de la Vierge Marie.
La tour nord de la cathédrale, d'une hauteur de60 mètres (contre 69 pour Notre-Dame de Paris) est la seule à avoir été achevée ; celle du sud, faite en bois, avait été construite pour héberger provisoirement les cloches. Elle n'a finalement pas été démontée et on la désigne sous le nom de tour noire.
Au centre de la façade se trouve une grande rosace flamboyante créée dans la seconde moitié du XVe siècle.
Du côté sud, à l'extrémité du transept, se trouve le portail Saint-Étienne, également appelé portail des Merciers. Son tympan représente la vie de ce saint, premier martyr chrétien.
Au nord, le second portail du transept est aussi dédié à saint Étienne. Il est actuellement fermé ; il se trouve en fait dans la cour de la Cité épiscopale. Un peu plus à l'ouest, en direction du chevet, une porte (dite « de Maugarni ») s'ouvre sur le déambulatoire du chœur de la cathédrale.

L'intérieur
Avec une construction s'étalant sur près de 400 ans, et malgré les différentes campagnes de restauration gommant les spécificités des certaines parties de l'édifice (notamment la troisième travée de la nef, accordée avec le reste du bâtiment au XIXe siècle), la cathédrale Saint-Etienne de Meaux reste un catalogue assez impressionnant des variations de l'art gothique en France : du gothique classique des parties de la nef les plus proches du transept, au gothique rayonnant du choeur et au gothique flamboyant de la grande façade occidentale.
L'intérieur de la cathédrale est remarquable pour sa luminosité et la finesse de son ornementation sculptée. Une des plus importantes caractéristiques du sanctuaire, que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans une autre cathédrale gothique, est la hauteur des voûtes des collatéraux qui atteignent plus ou moins 15 mètres, soit la moitié de celle de la nef principale, qui culmine à 31 mètres. Ceux-ci étant dotés de hautes baies, la lumière pénètre en abondance au cœur de l'édifice et révèle ainsi la teinte de la pierre de Varreddes, utilisée dans la construction.
La nef ainsi que le chœur comportent cinq vaisseaux (comme à Paris). Le vaisseau central est longé de part et d'autre par deux bas-côtés ou collatéraux. Ce n'est qu'au niveau de l'abside que le déambulatoire se réduit à un seul vaisseau en demi-cercle, lequel fait suite au déambulatoire interne de la partie rectangulaire du chœur, la partie externe de ce dernier étant remplacée par les chapelles rayonnantes au nombre de cinq.
Les revers des façades du transept sont particulièrement remarquables et de toute beauté, surtout dans le croisillon sud. Ils sont richement décorés et comportent de véritables tissus ou broderies de pierres. Ils sont partiellement inspirés par Notre-Dame de Paris, mais le style est ici plus recherché et l'ornementation est plus riche.
Dans le chœur de la cathédrale entouré de grilles en fer forgé, on peut voir la dalle funéraire, faite de marbre noir, de Jacques-Bénigne Bossuet, l'Aigle de Meaux, la plus importante personnalité de l'histoire de la ville, qui y fut évêque de 1682 à 1704. Deux statues commémorent Bossuet dans la cathédrale : la première le montre assis sur son trône épiscopal, et la seconde debout, priant, avec autour de lui des personnages sur lesquels il eut une influence déterminante : le Grand Dauphin Louis, Louise de la Vallière, Turenne et Henriette d'Angleterre.
Adossée au mur d'une chapelle du bas-côté sud de la nef, on peut voir un autre monument funéraire ; celui du bourgeois Jean Rose et de son épouse. Mort en 1364, ce dernier avait fondé un hôpital destiné à accueillir des orphelins. Il fut reconnu comme bienfaiteur de la cité.
La hauteur sous voûtes, à l'endroit du chœur, atteint jusqu'à 33 mètres.